Le chèque alimentaire : bientôt une réalité ?

Contre la précarité alimentaire, le gouvernement planche sur un dispositif qui pourrait bénéficier à la fois aux ménages les plus modestes et aux agriculteurs. Mais la mise en route est longue.

Le chèque alimentaire : bientôt une réalité ?
© lev dolgachov - 123RF

Aujourd'hui en France, manger sain et équilibré est presque un luxe pour certaines familles. Le Secours populaire estimait en 2018 que 21% des Français avaient des difficultés à manger sainement trois fois par jour, et la crise sanitaire que nous vivons a aggravé la situation. D'où l'idée, émise à l'issue de la convention citoyenne pour le Climat, mi-décembre, de créer un chèque alimentaire comme il en existe déjà en Belgique ou aux Etats-Unis.  

Un coup de pouce  qui se veut gagnant-gagnant

L'idée de ce chèque ? Permettre aux plus modestes d'accéder à une alimentation plus saine, plus fraîche, mais aussi plus locale, bref, plus "vertueuse" selon Mounir Mahjoubi, député LREM de Paris. Hors de question de sponsoriser l'achat de chips, soda et autres produits importés. De cette manière, le dispositif bénéficierait également aux producteurs locaux et au circuit bio. Mais si le principe est acté, la façon dont ces chèques seront mis en place n'est pas encore tranchée.

Un principe acquis, plusieurs possibilités

Qui bénéficiera de cette aide, et comment ? Faut-il distribuer les chèques alimentaires  directement aux familles pour qu'elles les dépensent dans les petits commerces ou les grandes surfaces, comme le propose Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture ? Une option qui nécessiterait de pouvoir faire la distinction, lors du passage en caisse, entre les "bons" produits et les autres et coûterait cher : entre 2 et 4 milliards d'euros.  C'est pourquoi Bruno Le Maire, ministre de l'Economie et des Finances, préconise un autre système : passer par les  CCAS, les Centres communaux d'action sociale. Ce sont eux qui toucheraient les chèques, achèteraient les produits et les distribueraient ensuite aux personnes concernées par cette aide. Un scénario moins cher : autour de 300 millions d'euros.

Vite, il y a urgence

Selon Matignon, les décisions devraient être prises d'ici la fin du mois de mars. Dans tous les cas, il y a urgence. Vincent Destival, délégué général du Secours Catholique, estime à 8 millions le nombre de personnes ayant besoin de l'aide alimentaire pour vivre, contre 5 en 2018. Reste que le temps d'être mis en œuvre, ces chèques ne pourront probablement pas voir le jour avant la rentrée prochaine, c'est-à-dire au mieux en septembre.