Après la flambée des prix alimentaires de ces dernières années, les consommateurs pensaient enfin pouvoir souffler. L'inflation a certes ralenti, mais les prix, eux, restent élevés. Et pour certains produits du quotidien, la facture continue même de grimper. Du café à la viande rouge en passant par le rayon crèmerie : nombreux sont les aliments dont les prix peinent à redescendre. Mauvaises récoltes, manque d'éleveurs, envolée du coût des matières premières : les crises successives ont laissé des traces durables sur les étiquettes. Mais pour un incontournable de nos cuisines, la situation est énigmatique. Alors que les conditions qui avaient provoqué la flambée des prix se sont améliorées, son tarif reste au plus haut. Dans un article consacré à ce sujet, Que Choisir Ensemble (anciennement UFC-Que Choisir) lève le voile sur les causes de ce prix élevé.

Cette hausse avait au départ une explication toute trouvée. Le prix de ce produit s'est envolé en 2023 et 2024, après deux années de récoltes très difficiles. De fortes sécheresses avaient alors frappé les principaux pays producteurs, faisant chuter de moitié la production espagnole. Problème : alors que les récoltes sont redevenues abondantes et que les cours ont reflué, son prix en supermarché ne suit pas le même chemin. Selon les relevés de Que Choisir, "Les marques nationales atteignent en moyenne 18,50 € le litre ce mois de juillet [2026 ndlr], alors qu'elles affichaient 13,90 € quatre ans plus tôt, soit une hausse de 33 %". Mais les tarifs s'envolent encore davantage chez les marques de distributeurs. "Si le montant reste moins élevé, à 12,80 € le litre contre 8,40 € en juillet 2022, la hausse est encore plus importante : +52 % !", déplore l'association.

Ce produit dont le prix ne cesse de flamber n'est autre que… l'huile d'olive ! Mais alors, pourquoi reste-t-elle aussi chère si les récoltes se sont améliorées ? Selon Que Choisir, une partie du problème viendrait désormais de la grande distribution, qui ne répercuterait pas pleinement la baisse des cours sur ses prix de vente. Interrogée, la marque Puget affirme réduire depuis deux ans ses prix de vente aux distributeurs, sans que les consommateurs en voient la couleur. Pour Cynthia Riblet, directrice marketing de la marque, "les Français paient leur huile près de 20 % plus cher que leurs voisins européens".

Reste à savoir si cette baisse finira enfin par arriver jusqu'aux consommateurs. En attendant, il faudra donc continuer à mettre la main au portefeuille pour verser quelques gouttes d'huile d'olive dans son assiette.