On le sait : le rayon boucherie n'est pas particulièrement réputé pour ses petits prix, et le rayon des œufs connaît souvent des pénuries. Cette situation pourrait bien s'aggraver, à en croire un récent dossier consacré par Que Choisir Ensemble à ce sujet. Dans les prochains mois, le prix de la viande et des œufs français risque d'augmenter, prévient l'association. Elle parle d'un "effet différé", dont les conséquences sur le portefeuille des consommateurs se feront sentir dans les prochains mois. Pour comprendre cette hausse des prix à venir, il faut regarder du côté des élevages français, durement frappés par les fortes chaleurs et la sécheresse de cet été.

Impossible de l'oublier : cette année, l'été français a été le plus chaud enregistré dans le pays depuis le début des mesures en 1900. Cette chaleur extrême n'a pas seulement pesé sur la population : elle a aussi touché le monde agricole et les élevages. Côté bétail, le bilan est alarmant. "La canicule a eu un effet immédiat sur les animaux, avec des pertes impressionnantes dans les élevages : 3 millions de poulets de chair et 750 000 poules pondeuses sont morts lors de la canicule de juin", explique Que Choisir Ensemble.

À ces pertes s'ajoutent des difficultés rencontrées par certains éleveurs pour nourrir leur bétail. Le manque d'eau et la sécheresse ont en effet affecté les cultures fourragères et les pâturages. "Les éleveurs ont été contraints de piocher dans les stocks destinés à alimenter leur bétail durant l'hiver, alors même que ces stocks s'annoncent difficiles à reconstituer, sachant que les récoltes de maïs ensilage devraient être amputées d'un tiers", déclare l'association.

Et les conséquences sur les consommateurs dans tout ça ? "Les effets sur les prix se feront sentir dans les prochains mois, en deux temps : une baisse des cours liée à l'afflux d'animaux à l'abattage, puis une hausse du fait d'une offre réduite par un cheptel amputé", annonce Que Choisir Ensemble. Autrement dit, l'arrivée massive d'animaux à l'abattoir va augmenter la quantité de viande disponible dans un premier temps. Mais une fois ces animaux écoulés, les cheptels seront réduits et l'offre de viande diminuera. Cette situation devrait, à l'inverse, tirer les prix vers le haut. Et les effets de la canicule ne s'arrêtent pas là. À plus long terme, les fortes chaleurs ont également nui à la fertilité des animaux (échecs des inséminations, œufs non éclos, etc.). Entre la mortalité des animaux, la réduction des cheptels et les problèmes de fertilité, l'offre de viande et d'œufs français risque donc de diminuer.

Pour l'association, cette hausse des prix pourrait être limitée par les importations. Dans les prochains mois, les consommateurs risquent donc de devoir se tourner davantage vers de la viande et des œufs venus de l'étranger.