La pause thé, c'est sacré. On sort sa tasse préférée, on dépose ses feuilles dans son filtre ou sa boule en inox, on guette la température de la bouilloire et on garde un œil sur la montre le temps de l'infusion pour que l'amertume ne prenne pas l'ascendant. Mais dans ce savant rituel, on néglige trop souvent un élément pourtant fondamental : l'eau.

Et son choix est loin d'être anodin. Sur TikTok, Quentin, passionné de thé connu sous le nom de Château Lafeuille, le rappelle : "une tasse de thé, c'est quand même à 98 % de l'eau." Loin de jouer les simples figurantes, elle sert de véhicule aux composés extraits des feuilles pendant l'infusion. Polyphénols, molécules aromatiques, caféine ou encore acides aminés participent, chacun à leur manière, à la couleur, au parfum, à l'amertume ou à la douceur que l'on perçoit en bouche. Sa composition peut ainsi affecter les propriétés organoleptiques du breuvage et le rendre plus ou moins expressif. Autrement dit, même les meilleures feuilles peuvent perdre de leur superbe dans une eau mal choisie.

Alors, laquelle verser dans sa bouilloire ? Pour l'eau en bouteille, Quentin conseille de privilégier "les eaux qui sont faiblement minéralisées". En effet, plus la concentration en sels minéraux grimpe, explique-t-il, plus le thé risque de paraître "neutre et plat"

Pas besoin pour autant de réviser ses cours de chimie avant d'arpenter le rayon boissons. Une petite ligne sur l'étiquette permet de faire rapidement le tri : la mention "résidu sec à 180 °C". Cet intitulé en apparence un brin technique désigne tout simplement la quantité de sels minéraux qui subsiste après évaporation de l'eau à cette température. Celle-ci est exprimée en milligrammes par litre. Pour le thé, Quentin recommande de viser le chiffre le plus bas possible et considère qu'au-delà de 100 mg/L, la minéralisation devient trop importante.

À ce petit jeu, une bouteille tire particulièrement son épingle de la théière : Mont Roucous. Quentin lui attribue même le titre de "championne du thé". La marque affiche aujourd'hui un résidu sec de seulement 33 mg/L, ce qui la classe parmi les eaux très faiblement minéralisées.

À l'autre bout du spectre, des eaux fortement minéralisées comme Hépar (qui atteint 2 513 mg/L) n'ont pas vraiment leur place au tea time. Amateurs de matcha, sencha et consorts, vous voilà désormais prévenus !