Vous commandez un verre, le serveur revient et le pose devant vous. À moins d'avoir un palais particulièrement exercé, difficile de savoir exactement ce qui vient d'être servi. Et certains établissements peu scrupuleux peuvent en profiter. Cette pratique porte même un nom dans le milieu de la restauration : le "rempotage".
Pas question ici de portions trop petites ou de suppléments découverts au moment de payer. Le "rempotage" consiste à servir au client un vin moins cher que celui qu'il a commandé, tout en lui facturant le prix prévu sur la carte. Une pratique mise en lumière par une enquête du Parisien, après les témoignages de plusieurs professionnels de la restauration parisienne.
Pour vérifier leurs affirmations, le quotidien s'était rendu dans un établissement avec deux connaisseurs : Gwilherm de Cerval, ancien sommelier, et Marina Giuberti, maître caviste. L'expérience a été répétée à quelques jours d'intervalle. Le constat est parlant. Un sauvignon vendu 5,60 euros leur aurait été servi alors qu'ils avaient commandé des vins affichés à 7,60 et 8,50 euros. Dans ce dernier cas, le client paie donc près de 52 % de plus que le prix du vin réellement servi. Avec plusieurs verres autour de la table, l'écart peut vite peser sur l'addition.
Et la tromperie n'est pas forcément facile à repérer. Une fois le verre posé devant soi, difficile pour un consommateur ordinaire d'identifier avec certitude une appellation ou un cépage. "Une fois seulement, un client a découvert la supercherie : c'était un sommelier", raconte au Parisien un ancien serveur d'une brasserie située dans le très touristique quartier de Montmartre.
L'enquête évoque aussi une autre forme de "rempotage" : rassembler des fonds de bouteilles. Pas de quoi, toutefois, regarder son verre avec méfiance à chaque sortie : les témoignages recueillis par Le Parisien concernent surtout des établissements situés dans des quartiers très touristiques, et ne permettent pas de généraliser cette pratique à tous les restaurants.
Pour limiter les risques, on peut jeter un œil à la bouteille et à son étiquette lorsque le vin est servi à table. Et si votre verre arrive déjà rempli ? En cas de doute, osez simplement demander à voir la bouteille.