On les achète par filet de deux ou trois kilos en se disant qu'on aura largement le temps de les cuisiner. Puis, un beau jour, on découvre au fond du placard des pommes de terre toutes molles, fripées et hérissées de germes. Pour éviter ce triste sort à nos futures purées et gratins, encore faut-il savoir où les ranger. Au réfrigérateur ? Dans leur emballage ? À l'air libre ? Une journaliste culinaire a décidé de mettre les méthodes les plus courantes à l'épreuve. Et son test réserve quelques surprises.

Pour les départager, Ann Taylor Pittman, journaliste chez The Kitchn et autrice culinaire, a acheté des pommes de terre le même jour et les a réparties selon sept modes de conservation. Six lots ont passé deux mois dans son garde-manger, à l'abri de la lumière et loin des oignons, entreposés de différentes manières pour le test. Le septième, lui, a pris place dans le bac à légumes du réfrigérateur. Chaque semaine, elle a surveillé l'apparition de germes, l'état de la peau et la fermeté des tubercules. Les pommes de terre encore en bon état à la fin du test ont même été cuites et goûtées.

Premier constat : pendant près de six semaines, presque tout le monde tient bon. C'est ensuite que les écarts se creusent. Les pommes de terre laissées dans un simple saladier arrivent bonnes dernières, avec des germes parfois longs de plusieurs centimètres et une chair ramollie. Direction le compost ! Le panier en osier ne fait guère mieux : après deux mois, certaines sont très germées et l'une a même pourri. Impossible de les cuisiner. Et le réfrigérateur ? Il empêche bien les germes de se développer. Mais il ne décroche qu'un 6/10 : les pommes de terre deviennent légèrement molles et, une fois cuites, leur goût est jugé beaucoup plus fade.

Les choses s'améliorent nettement avec les contenants qui protègent davantage les tubercules. L'emballage d'origine et le sac en filet obtiennent tous deux 7/10. Les pommes de terre restent fermes, même si quelques petits germes apparaissent. Le sac en papier grimpe à 8,5/10 : après deux mois, les tubercules sont toujours fermes et bien humides à cœur. Mais le grand gagnant est aussi le contenant le plus simple : une boîte en carton. Placées en une seule couche dans un petit carton non fermé (avec les rabats à peine repliés), les pommes de terre obtiennent la note parfaite de 10/10. Leur peau reste tendue, leur chair ferme et humide, et leur goût est même plus intense après cuisson.

Moralité ? La prochaine fois que vous aurez un petit carton sous la main, ne le jetez pas tout de suite. Placé dans un endroit frais, sec et sombre, il pourrait bien être le meilleur endroit pour conserver vos pommes de terre.