Aujourd'hui, dans les rayons des supermarchés, il est parfois difficile de savoir si un produit est réellement bon pour notre santé. Sur les emballages, les logos brouillent les pistes : on peut vite se laisser tenter par un produit juste parce qu'il affiche un Nutri-Score B. Pour la diététicienne-nutritionniste Pamela Darondeau, ce sigle ne permet pas de manger plus sainement. L'experte est formelle : le Nutri-Score est un outil incomplet. Pour quelle raison ? Tout simplement parce qu'"il ne mesure pas du tout l'ultra-transformation d'un produit". Pour elle, mieux vaut se fier à un autre critère, qui a "plus de sens". 

Pour illustrer son propos, l'experte prend un exemple tout simple : les Chocapic. Pour elle, il n'y a pas pire que ces céréales au chocolat de la marque Nestlé. "Les gens qui ont inventé ce produit-là auraient pu rester couchés ce jour-là", affirme-t-elle sans détour. Ces céréales, "composées principalement de céréales raffinées et de sucre", ont pourtant réussi le tour de force d'obtenir un Nutri-Score B. En effet, ce système d'étiquetage classe les aliments de A à E selon leur qualité nutritionnelle. D'un côté, il pénalise la présence de sucre, de sel, de calories et de graisses saturées. De l'autre, il valorise les fibres et les protéines. Dans le cas des céréales Nestlé, la présence de fibres et de protéines a contribué à améliorer leur note, malgré leur teneur en sucre.

Mais alors, à quoi peut-on se référer ? "Le Nutri-Score n'est pas parfait, je recommande à mes patients de se fier à un autre indicateur : le classement NOVA", déclare Pamela Darondeau. Développé à partir de 2009 par Carlos Monteiro, professeur de nutrition et de santé publique à l'université de São Paulo, ce classement évalue le degré de transformation des produits alimentaires. Il les répartit en quatre catégories. Le groupe 1 rassemble les aliments bruts ou peu transformés, comme les fruits, les légumes, les œufs ou le lait. Le groupe 2 comprend les ingrédients culinaires transformés, comme l'huile, le beurre ou le sucre. Le groupe 3 désigne les aliments transformés, comme les légumes et les poissons en conserve, les fromages ou le pain traditionnel. Enfin, le groupe 4 regroupe les produits ultra-transformés : ils contiennent des ingrédients industriels comme des arômes, des émulsifiants, des conservateurs ou encore des exhausteurs de goût. Leur consommation doit rester très occasionnelle. 

"En gros, quand vous faites vos courses au supermarché, il faut privilégier les produits de classement NOVA 1, 2 et 3. On peut se permettre quelques 4, mais pas trop", préconise-t-elle. Pour cela, vous pouvez vous aider du site Open Food Facts, qui répertorie les produits industriels selon ce classement, ou éplucher par vous-même les listes d'ingrédients.

Propos recueillis le 2 octobre 2026