Moins cher que les autres, ce thon en boîte est meilleur pour la santé
À l'instar des gros poissons gras, le thon renferme des métaux lourds, et notamment du mercure. Mais une espèce semble un peu plus épargnée que les autres... En plus, c'est une option économique au rayon des conserves !
On le repêche au fin fond du placard dès que le frigo tourne à vide ou qu'on manque de temps pour cuisiner. Au naturel, à l'huile d'olive ou à la tomate, le thon en boîte pimpe en deux temps trois mouvements les pâtes, salades de riz, sandwichs, rillettes et quiches. Bien pratique et extrêmement polyvalent, il fournit en prime une teneur appréciable en protéines qui oscille entre 20 et 25 g pour une portion de 100 g, soit autant qu'un petit steak haché.
En dépit de ses qualités, sa réputation s'émiette. En particulier depuis le rapport fracassant de l'association BLOOM, paru en octobre 2024, qui affirmait alors que 100 % des 148 boîtes de thon analysées (aléatoirement choisies dans cinq pays européens) étaient contaminées au méthylmercure. Plus d'une sur deux (57%) excédait même la norme la plus stricte appliquée aux poissons de 0,3 mg/kg, jugée protectrice pour la santé humaine. Comme le rappelle Santé publique France, le méthylmercure constitue la forme la plus toxique du mercure. Parce qu'il s'accumule dans les tissus, son ingestion répétée entraînerait à terme des effets délétères sur la santé, dont de possibles atteintes neurologiques et des troubles du développement cérébral chez le fœtus et le jeune enfant, raison pour laquelle les tout-petits et les femmes enceintes doivent particulièrement veiller à limiter leur exposition.
Si une consommation occasionnelle ne pose pas de problème, mieux vaut quand même éviter de s'enfiler une boîte de thon tous les midis et plutôt chercher à diversifier son alimentation. Pour les produits de la mer, on essaie notamment de panacher les espèces : les poissons de plus petit calibre, comme la sardine ou le maquereau, concentrent par exemple moins de métaux lourds dans leur chair que les gros prédateurs.
Et pour les fois où l'on veut inscrire le thon au menu ? On suit les conseils de la diététicienne-nutritionniste Marie-Laure André. "Certaines espèces de thon sont moins contaminées que les autres", développe-t-elle sur Instagram. Le meilleur choix selon elle ? Le thon listao, ou bonite à ventre rayé, qui renfermerait moins de mercure que ses cousins albacore ou germon, parce qu'il est plus petit, vit moins longtemps et accumule donc moins de métaux lourds que les grands thons.
Et côté prix, le thon n'est pas plus cher, et il est même parfois moins cher que les autres. Chez Auchan, la boîte de thon listao entier au naturel de 140 g en marque distributeur est vendue 1,99 euro. La version albacore, au même format, coûte 2,16 euros. On aurait donc tort de s'en priver.
En clair, le thon en boîte peut rester au menu, à condition de faire les bons choix. On varie les poissons, on évite la consommation quotidienne et on privilégie les espèces les moins contaminées, comme le thon listao. Plus petit, moins chargé en métaux lourds et pas plus cher, il coche toutes les cases pour continuer à se régaler sans prendre de risques inutiles. Pratique, économique et facile à cuisiner, le thon n'a pas dit son dernier mot.