Ils poussent comme des champignons et menacent les bistrots de quartier - on compte une ouverture par jour

À Paris, ces commerces sont désormais plus nombreux que les bistrots traditionnels. Un changement qui en dit long sur les nouvelles habitudes de consommation...

Ils poussent comme des champignons et menacent les bistrots de quartier - on compte une ouverture par jour
© Hugo Félix - stock.adobe.com

Ce midi, vous déjeunez avec votre meilleure amie. Après avoir testé le restaurant italien qui vient d'ouvrir près de votre bureau, vous décidez d'aller boire un café. Il vous reste encore une bonne demi-heure avant de retourner travailler : vous êtes bien décidée à profiter de ces précieux instants jusqu'à la dernière miette. Mais dans la rue, vous ne savez pas où donner de la tête. Au choix : un bar à mousse au chocolat, une micro-brasserie, et deux clubs de Pilates qui proposent des matchas... Au bout de 5 minutes de marche, vous tombez enfin sur une terrasse à peu près accueillante. Chouette, il y a même du soleil : l'idéal pour papoter ! "Deux cafés allongés s'il vous plaît", demandez-vous au serveur, qui s'empresse de vous servir la tasse tant convoitée.

Ce que vous venez de vivre n'est pas une expérience isolée : c'est même un vrai phénomène de société, auquel les journalistes du Parisien se sont intéressés. Dans un dossier détaillé, ils se sont penchés sur les causes de cette progressive disparition des cafés. Ou plus exactement, de ce qu'on appelle les "bistrots parisiens". Vous savez, ceux où l'on peut encore boire un café à un euro, directement sur le zinc. Selon l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur), ils étaient plus de 10 000 dans la capitale en 1950, contre moins de 1 000 aujourd'hui. En cause ? La concurrence de la restauration rapide, boostée par les réseaux sociaux, qui attire à elle de plus en plus de (télé)travailleurs pressés. L'Apur ajoute que "cette baisse s'explique par les difficultés économiques liées à la crise sanitaire et à une fréquentation en baisse à cause de l'inflation". Mais aussi par l'apparition d'un nouveau type de commerce, qui s'est mis à fleurir dans tous les quartiers branchés...

"Les bistrots paient aussi le mauvais café et le mauvais vin que certains ont servis trop longtemps", reconnaît David Zenouda, un restaurateur, vice-président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie Paris-Île-de-France, interrogé par Le Parisien. Car l'une des concurrences principales aux bistrots traditionnels vient... des coffee shops ! Ceux où l'on peut prendre un café latte au sirop de noisette, ou un matcha à la vanille à emporter, dans un joli gobelet.

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Aujourd'hui, on n'en compte pas moins de 1 400 à Paris. Un phénomène visible, mais pas non plus envahissant, étant donné la surface réduite de la plupart de ces nouvelles adresses. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a donc actuellement plus de coffee shops que de bistrots à Paris ! "L'année dernière, il s'en ouvrait un par jour à Paris", explique la journaliste dans un épisode de Code Source, le podcast du Parisien.

Et c'est vrai : dans de nombreux bistrots traditionnels, la tasse de café n'est pas particulièrement délicieuse. On y savoure plutôt une certaine ambiance : les potins des deux étudiantes assises à la table d'à côté, les blagues des serveurs, les conversations de groupe animées. Là où, dans les coffee shops, le café de spécialité diffuse sa bonne odeur dans un espace calme et bien décoré, mais se prend très souvent à emporter. Espérons que ces deux types de commerce pourront coexister en paix...