Cette phrase banale quand on achète un croissant agace les boulangers

Faites bien attention à ce que vous dites lorsque vous achetez un croissant. Vous pourriez bien énerver au plus haut point votre artisan boulanger...

Cette phrase banale quand on achète un croissant agace les boulangers
© 123RF/barmalini

Qui dit brunch, dit viennoiseries. Chaque dimanche matin, votre tote bag au bras, vous filez tout droit chez votre artisan boulanger pour le grand ravitaillement. Dans la famille, chacun a son petit péché mignon. Monsieur est plutôt brioche (la sienne ne cesse d'ailleurs de pousser avec les années...), les enfants raffolent des pains au chocolat. Vous, vous préférez la simplicité du croissant. Il n'existe, à votre connaissance, rien de plus satisfaisant que de plonger sa pointe dans un bol de café au lait. 

Mais contrairement à votre moitié, vous ne comptez pas transformer votre silhouette en briochette. Vous aspirez, au contraire, à conserver le plus longtemps possible votre ligne haricot vert. Ce qui vous pousse, instinctivement, à demander à la vendeuse un croissant ordinaire plutôt qu'un croissant au beurre. Parce que "beurre", ça sonne gras, "ordinaire", beaucoup moins. 

Heureusement que vous ne poussez pas la porte de la boulangerie Wulbrecht de Dreux. Dans cette enseigne spécialisée dans les viennoiseries pur beurre, votre requête écorcherait les oreilles du patron. "Certains clients me demandent des fois un croissant 'ordinaire'. Mais au fond ces clients mal informés savent-ils exactement ce qu'est un croissant 'ordinaire' ? Non, ils l'ignorent complètement", déplore-t-il sur Facebook. Quand il leur demande de se justifier, il essuie toujours la même réponse : "le croissant ordinaire est moins gras"

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En pratique, c'est pourtant faux dans l'immense majorité des cas. La différence entre les deux tient uniquement à la matière grasse utilisée : du beurre pour le croissant au beurre (logique), de la margarine pour le croissant ordinaire. Or, ces deux corps gras renferment entre 80 et 84 % de lipides en moyenne. Aucun n'est donc moins gras que l'autre, sauf, peut-être, à employer des versions allégées. Ce qui est certain en revanche, c'est que la composition des margarines souffre d'une certaine opacité. Mais au regard de son faible coût et de sa malléabilité, elle se substitue de plus en plus souvent au beurre.

Au grand dam de notre artisan, qui a pour sa part tranché depuis longtemps : "je fais plus confiance aux vaches !", clame-t-il. Et de conclure : "la seule façon de consommer un croissant ordinaire, c'est avec 2 mains : une pour ouvrir la fenêtre et l'autre pour le lancer". C'est dit !