Eugénie Brazier : son incroyable parcours

A l'occasion de l'anniversaire d'Eugénie Brazier, Google a personnalisé sa page d'accueil. L'occasion de revenir sur le parcours détonnant de cette femme chef, deux fois trois étoiles au Guide Michelin, qui a révolutionné les bouchons lyonnais avec ses recettes originales.

[Mise à jour le mardi 12 juin 2018 à 16h18] Il y a le père de la gastronomie - Paul Bocuse -, mais aussi la mère, Eugénie Brazier. Celle qui aurait fêté ses 123 ans aujourd'hui est mise en avant sur la page d'accueil du moteur de recherche Google. Considérée comme l'une des figures incontournables de la gastronomie française, elle a révolutionné les bouchons lyonnais avec des recettes originales. Parmi ses spécialités, la poularde demi-deuil, farcie sous la peau avec des lamelles de truffe, le fond d'artichaut au foie gras, les quenelles de brochet ou encore le saucisson chaud en brioche.

Née le 12 juin 1895 dans l'Ain, Eugénie Brazier est mise à la porte par son père lorsqu'elle tombe enceinte à l'âge de 19 ans. A la naissance de son fils, elle le place chez une nourrice avant de se rendre à Lyon. Employée elle-même comme nourrice dans une famille bourgeoise, elle se retrouve en charge de la cuisine lorsque la cuisinière attitrée tombe malade. Une révélation ! Après une formation chez la mère Fillioux et à la Brasserie du Dragon, elle ouvre son propre bouchon lyonnais en 1921, au 12 rue Royale dans le 1er arrondissement de la ville.

Un restaurant sans gaz ni électricité : un défi relevé haut la main !

Surnommée la Mère Brazier, son établissement devient vite un incontournable de la ville grâce à ses recettes originales et au bouche-à-oreille. Les critiques sont telles qu'elle décroche rapidement 3 étoiles au Guide Michelin. En 1929, elle ouvre un second restaurant sans gaz ni électricité au col de la Luère. C'est ici que seront formés Paul Bocuse et Bernard Pacaud entre autres. Monsieur Paul dira même que "c'était l'école de la vie, j'y ai appris à traire les vaches, faire à la lessive, repasser, cultiver les légumes dans un potager". L'établissement très prisé obtiendra 3 étoiles au Guide Michelin faisant de la Mère Brazier, la première femme chef à obtenir deux fois trois étoiles au Guide Michelin. Ce n'est qu'en 1968 qu'Eugénie Brazier s'éloigne des fourneaux, laissant la main à son fils Gaston. Décédée neuf ans plus tard, elle reste l'une des figures marquantes de la gastronomie française.