La galette des rois de l'Élysée est différente de toutes les autres... et ce n'est pas un hasard
À l'occasion de l'Épiphanie, certaines galettes ne ressemblent vraiment à aucune autre. C'est le cas de celle dégustée chaque année dans les salons de l'Élysée, dont une particularité intrigue toujours autant.
La tradition de la galette ne se perpétue pas seulement dans les chaumières hexagonales. À l'Élysée aussi, on y souscrit ! Depuis plusieurs décennies, ce rendez-vous met à l'honneur le savoir-faire des artisans boulangers français. Des professionnels venus de toute la France sont invités à partager ce moment autour de galettes hors normes, confectionnées spécialement pour l'occasion. Cette année encore, deux pièces impressionnantes ont été réalisées par Jean-Yves Bouiller, artisan à la tête de la boulangerie Le Moulin de la Croix Nivert, dans le XVe arrondissement de Paris. Chacune affichait près de 12 kilos sur la balance et plus d'un mètre de diamètre, après plus de deux jours de préparation minutieuse. On est loin de la galette classique achetée en boulangerie de quartier.
Mais au-delà de leur taille spectaculaire, ces galettes se distinguent par une règle immuable : elles ne contiennent jamais de fève. Un choix volontaire, appliqué sans exception depuis l'origine de cette tradition. Une singularité qui peut surprendre, tant la fève fait partie intégrante du rituel de l'Épiphanie dans les foyers français.
Cette absence s'explique par l'histoire même de la galette. Longtemps associée à la désignation symbolique d'un roi d'un jour, elle a été réinterprétée après la Révolution française. À cette époque, la fameuse "galette des rois" prend parfois le nom de "galette de l'égalité", afin d'effacer toute référence monarchique. Une évolution qui se reflète encore aujourd'hui dans certaines appellations officielles, où l'on parle plus volontiers de "galette de l'Épiphanie".
On l'aura donc compris, la résidence présidentielle n'abritera aucune tête couronnée en ce début janvier ! Ce détail discret, mais lourd de sens, rappelle que même les traditions les plus gourmandes portent en elles une histoire. Et qu'à l'Élysée comme ailleurs, certaines règles culinaires ne doivent rien au hasard.