Le pot de Nescafé vendu chez Lidl est moins rempli qu'ailleurs, et c'est loin d'être un hasard

Chez Lidl, le pot de Nescafé est exactement comme ailleurs... à ceci près qu'il est moins rempli. Un fait plutôt bizarre qui ne doit pourtant rien au hasard.

Le pot de Nescafé vendu chez Lidl est moins rempli qu'ailleurs, et c'est loin d'être un hasard
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Pour gagner la grande bataille des prix, les acteurs de la grande distribution se livrent à une guerre sans merci. Négociations âpres avec les fournisseurs, marges grignotées, publicités comparatives agressives, toutes les stratégies sont bonnes pour rester compétitifs et attirer plus de clients dans les travées. Cette rivalité entre enseignes s’opère bien sûr dans un cadre strictement réglementé, mais qui reste trop souvent opaque au consommateur, qui ne sait pas vraiment qui fixe les montants des étiquettes. Au point que certains stratagèmes d’arrière-cuisine passent complètement inaperçus.

Par exemple, avez-vous déjà remarqué que le poids de certains produits, pourtant visuellement identiques, varie selon les magasins ? Si vous poussez votre caddie chez Lidl, vous observerez notamment que votre flacon de Nescafé ne contient que 195 g de café soluble... au lieu de 200 g dans les autres grandes surfaces. Pourtant, sans scruter le grammage sur l’emballage, il vous sera totalement impossible de les distinguer à l’œil nu. Même packaging, même hauteur de flacon, même recette. Aucune différence notable.

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Une anomalie qui n’a pas échappé à l’œil expert du spécialiste conso Olivier Dauvers, qui apporte son décryptage au micro de RTL. Selon lui, le fait que le Nescafé du discounter soit moins rempli qu’ailleurs résulterait d’une requête explicite des concurrents. Ceux-ci «n’ont qu’une trouille, c’est que Lidl casse les prix, et que par les ajustements et comparaisons automatiques qu’ils mettent en place, ça entraîne les prix vers le bas et qu’ils sacrifient leurs marges», explique-t-il. Pour tenter d’échapper à une énième guerre des prix, ils auraient ainsi exigé que soit réservé à Lidl un produit spécifique, muni d’un code-barres différent de sorte que les radars comparatifs ne le confrontent pas au leur.

Et des exemples retors de la sorte, Olivier Dauvers en a repéré plein d’autres. Comme le pot de Nutella, qui pèse 825 g chez Carrefour contre seulement 800 g chez Lidl, ou encore la bouteille de Coca-Cola, de contenance 1,5 L chez Lidl contre 1,75 L chez Carrefour. Encore un argument, s’il en fallait un, pour s’obliger à comparer systématiquement les prix au kilo (même s’il faut se plier en quatre et chausser ses lunettes pour les lire...).