Non, les Québécois ne mangent pas que de la poutine : tour des saveurs à Montréal
La gastronomie canadienne se résumerait-elle à un plat de frites molles, nappées de fromage et de sauce brune épicée ? Pour en avoir le cœur net, j'ai traversé l'Atlantique pour découvrir les saveurs locales... et les partager !
Ce cliché leur colle à la peau. Pourtant, les Québécois ne sont pas tous de grands mangeurs de poutine. "Mes parents n'en ont jamais mangé de leur vie", me confie même Valérie, une représentante de l'Office de Tourisme de Montréal. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les Canadiens entretiennent une relation compliquée avec ce plat, qui (je dois bien l'avouer) ne m'emballe pas plus que cela. Invitée par la compagnie aérienne Air Transat et par l'Office du Tourisme de Montréal à découvrir les bonnes adresses de la ville, je n'en ai pas mangé une seule fois de tout mon séjour. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y avait bien plus appétissant à se mettre sous la dent !
Composée de frites, de cheddar et d'une sauce brune, cette recette controversée n'est apparue que dans les années 50. Son nom vient d'un jeu de mots autour de l'expression "put in some cheese" (mettre du fromage dans les frites). Jugée par certains comme le summum de la vulgarité, d'autres considèrent la poutine comme une institution, à laquelle plusieurs festivals sont dédiés. Vous l'aurez compris, le sujet n'a pas fini de diviser. En tout cas, pour les amateurs, c'est au restaurant La Banquise qu'il faudra aller. On peut en découvrir 35 sortes différentes, de la plus classique à la version végé, en passant par des variantes au steak haché ou au porc effiloché.
Mais la gastronomie canadienne est loin de se résumer à ce plat. Que mange-t-on de bon là-bas ? Encore plus qu'à Paris, les cultures culinaires de Montréal sont très diversifiées : les différentes vagues d'immigrations ont marqué l'histoire du pays, la géographie de la ville et la gastronomie. Après un vol à bord de la compagnie Air Transat, qui propose 2 vols directs par jour entre Paris et Montréal en été, je découvre le cœur historique de l'île de Montréal, l'effervescence du boulevard Saint-Laurent et de tous ses restaurants.
Surnommé "le Main", il relie le quartier chinois, la Petite Italie, le quartier portugais et les cafés branchés de Mile End. On ne sait où donner de la tête, tellement il y a de bonnes adresses à tester ! Dans le quartier juif, je m'arrête à la fabrique de bagels Saint-Viateur, une institution chère aux Montréalais. À l'intérieur de cette échoppe, les petits pains ronds sont roulés à la main et cuits au feu de bois depuis 1957. Les passants s'arrêtent pour acheter un bagel encore tiède : il fait bon flâner quand les beaux jours pointent le bout de leur nez.
Mais que reste-t-il donc des clichés dans tout ça ? Le sirop d'érable, évidemment ! Les Canadiens en sont friands. À La Sucrerie de la Montagne, une érablière nichée au cœur d'une forêt d'arbres centenaires, je découvre qu'ils en badigeonnent même les plats salés ! Pour le dessert, Stéfan, le gérant de l'établissement, me prépare la célèbre tire d'érable : il étale le sirop ambré sur de la neige, puis l'enroule autour d'un bâtonnet pour former une sucette. Cette visite des vieilles cabanes à sucre est un incontournable pour les Canadiens, qui privatisent le lieu pour leurs fêtes en famille. Ceux venus de plus loin profitent, après la visite, d'une balade à cheval, idéale pour s'imprégner de la beauté du site.
La valise remplie de bouteilles de sirop d'érable, je reprends l'avion pour rentrer à Paris, emportant avec moi des souvenirs plus ou moins clichés de cette ville, si agréable à vivre sous le soleil printanier.