De Saint-Malo à Toronto : ce produit du terroir est la nouvelle lubie des touristes américains

Fini le porte-clés Tour Eiffel ou le magnet en forme de croissant. Aujourd'hui, de plus en plus de vacanciers étrangers ramènent chez eux un aliment typiquement français.

De Saint-Malo à Toronto : ce produit du terroir est la nouvelle lubie des touristes américains
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Si à Montmartre, les touristes continuent d'affluer dans les rues pavées pour y acheter des souvenirs plus ou moins typiques de la capitale, beaucoup font un autre choix. Plutôt que de craquer pour un magnet un peu kitsch ou un béret fabriqué en Chine, les vacanciers américains préfèrent rapporter un produit du terroir dans leurs valises. Reste à savoir lequel... Les viennoiseries sont trop périssables, les fromages trop odorants et la charcuterie risquerait de ne pas supporter le voyage. D'ailleurs, ce dernier produit se verrait certainement confisqué à la douane. Les Américains ont trouvé une parade : ils ramènent désormais un article du rayon crémerie, soigneusement mis sous vide en boutique pour un euro supplémentaire. Ainsi empaqueté, il passe la douane sans problème.

Au rayon crémerie de La Grande Épicerie de Paris, il y a foule. Devant les immenses frigos remplis de plaquettes de beurre, les touristes affluent pour se procurer une référence en particulier. Comment expliquer un tel succès ? Eh bien, la marque qui fait le buzz sur les réseaux sociaux propose des beurres artisanaux aromatisés. À l'ail des ours, au piment d'Espelette, au sel fumé ou même à la vanille de Madagascar, ces beurres intriguent autant qu'ils font saliver. Comme l'indique Le Parisien dans un article, le succès est tel que "les ventes ont augmenté de 300 % en deux ans, avec 19 tonnes vendues sur la seule année 2025". Pour échapper à la foule de La Grande Épicerie de Paris, une Américaine conseille même de se rendre à l'épicerie parisienne G. Detou, située au 58 rue Tiquetonne, pour se procurer le "beurre français viral". Un vrai petit produit de luxe, commercialisé à un peu moins de 6 euros la plaquette de 125 grammes dans les boutiques parisiennes. 

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Son petit nom ? Le Beurre Bordier. Ce beurre de baratte issu de laits bretons, normands et des Pays de la Loire a pour spécificité d'être remalaxé à la main sur un plateau, dans les ateliers de la Maison Bordier à Saint-Malo. Cette technique datant du XIXe siècle, remise au goût du jour par Jean-Yves Bordier, permet d'obtenir un beurre ultra crémeux. Il est ensuite salé, parfumé, puis façonné en plaquettes ou en mottes. "Quand vous sortez un Beurre Bordier du réfrigérateur, vous pourrez tout de suite passer un couteau dedans", explique Amaury de la Maison Bordier dans une interview. La recette fait mouche auprès des touristes canadiens, américains, Dubaïotes et japonais. 

Pourtant, la marque garde les pieds sur terre et refuse de céder à la pression de la demande. Comme l'explique Julie Sugliani, responsable produits de la Maison Bordier, au Parisien : "La demande venue de l'étranger - beaucoup des États-Unis - est impossible à satisfaire. Nos produits restent des produits de niche disponibles en quantité limitée, on ne développera pas davantage les volumes, même si cette tendance flatte l'ego !". Malgré tout, l'entreprise bretonne fait son beurre, dans tous les sens du terme.