Février sans supermarché : et si on essayait ?

Tester pendant un mois les circuits courts et les petits commerces indépendants plutôt que d'aller faire son plein à l'hyper : c'est l'idée du collectif suisse écolo En Vert et Contre tout. Chiche ? On vous explique en quoi consiste l'initiative Février sans supermarché.

Février sans supermarché : et si on essayait ?
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Après janvier sobre (cf Dry January) et avant mai "fais ce qu'il te plaît", en février, privilégie le commerce de proximité ! Pour la 5ème année, l'initiative Février sans supermarché nous encourage, durant un mois, à aller faire nos courses en direct auprès des producteurs plutôt que dans les grandes surfaces. Ou du moins, à remplir notre caddie différemment. Car ce green challenge, lancé par le site En Vert Et Contre Tout, "qui parle d'écologie sans faire la morale", vise surtout à questionner nos habitudes de consommateurs et à nous faire réfléchir à la façon dont nous remplissons mécaniquement notre frigo. "Ensemble, nous pouvons agir localement et amorcer un cercle vertueux qui bénéficiera à la collectivité en créant du lien social, en soutenant l'emploi et l'économie locale", affirment  Cloé Dutoit et Leïla Rölli, blogueuses, journalistes et initiatrices du mouvement.

Redonner du sens à nos assiettes

Certes, l'idée d'aller promener son caddie ailleurs que dans les allées de la grande distribution n'est pas neuve. En 2007, déjà, le journal britannique Daily Mail avait mis au défi trois de ses journalistes de vivre 40 jours sans faire le plein au supermarché. Mais en 2021, alors que la crise sanitaire bouleverse notre quotidien et redéfinit nos priorités, cela n'a jamais autant fait sens. "Préférer des produits frais et locaux achetés au plus près du milieu paysan et des commerces indépendants pour soutenir une profession en crise, plébisciter des méthodes de production plus vertueuses, se maintenir en meilleure forme, tout en faisant des économies... est tout sauf anecdotique en pleine pandémie ", écrivent Leïla Rölli et les journalistes Mathilde Golla et Valère Corréard dans une tribune titrée Pourquoi nous n'irons pas au supermarché en février cette année publiée sur le Huffington Post. "Ce défi est également l'opportunité de faire savoir aux grandes surfaces que nous ne sommes pas d'accord avec le sur-emballage, le kilomètre alimentaire qui explose les scores, ou encore les politiques de prix qui écrasent les petits producteurs", précise le site En Vert et Contre Tout.

Un système à taille humaine

Souvenez-vous, durant le premier confinement, celui du printemps dernier, les épiceries de proximité et autres producteurs locaux nous ont rendu bien des services. Corinne et ses voisins s'en souviennent encore. Via un groupe What's App regroupant une quinzaine de familles, elle avait organisé le ravitaillement hebdomadaire en fruits et légumes de son quartier de banlieue parisienne, en direct avec un maraîcher d'Ile-de-France. Un deal gagnant-gagnant pour les consommateurs comme pour le producteur, privé de marché. Privilégier ponctuellement le circuit court, à défaut de le faire au quotidien pour des raisons X ou Y, c'est se souvenir qu'il y a des hommes et des femmes derrière les poireaux, les choux et les pommes que nous mangeons en ce moment.

Une démarche positive avant tout

Pour autant, pas question d'appel au boycott ni de culpabilisation des consommateurs au motif qu'ils devraient faire un sans-faute. L'idée est surtout d'essayer de nouvelles habitudes de consommation en février… dont certaines seront peut-être adoptées durablement, comme l'achat en vrac, la virée hebdomadaire au marché, ou même juste prendre son café au troquet du coin plutôt qu'au distributeur de son entreprise ! Pour nous aider à relever ce défi, Leïla et Cloé nous encouragent à échanger bonnes adresses, recettes et astuces sur les réseaux sociaux tout au long du mois via le #SansSupermarché et au travers de plus de 80 groupes mis en place sur Facebook en Suisse, en France, en Belgique, et jusqu'en Espagne ou en Tunisie. Ces deux joyeuses activistes l'assurent :  même pour le papier toilette, il existe des filières green et des circuits courts, comme la marque Popee, qui en produit du recyclé, Made in Normandie !