Ça surprend les clients : une fromagère a abandonné cette règle d'hygiène longtemps recommandée

N'en déplaise à ses clients, cette fromagère n'applique plus cette règle longtemps préconisée en hygiène alimentaire. Et elle s'en explique.

Ça surprend les clients : une fromagère a abandonné cette règle d'hygiène longtemps recommandée
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Dans tout commerce de bouche, le respect des règles d'hygiène revêt une importance fondamentale pour garantir la qualité et la sécurité alimentaire des produits. Un principe qui prévaut pour les fromageries, où sont découpées et emballées à longueur de journée des denrées délicates et fragiles. On pense plus spécifiquement aux tommes et crottins au lait cru, plus vulnérables aux contaminations bactériennes. 

Pour se prémunir de tout problème, les fromagers ont acquis au fil du temps des réflexes hygiénistes. L'un d'entre eux s'impose d'ailleurs depuis longtemps. Au point que les clients eux-mêmes veillent au grain pour vérifier s'il est bien appliqué... Pourtant, sur le terrain, cette précaution de prime abord rassurante apparaît beaucoup moins fiable qu'on pourrait le croire. 

"Oui, ça va en surprendre quelques-uns…", amorce Émilie Cavero, fromagère, sur son compte Instagram. À ceux qui l'accusent de ne pas porter de gants pour les servir, celle-ci rétorque sans détour qu'ils ne "sont plus forcément recommandés en alimentaire". Pourquoi ? "Parce que quand on met des gants, on ne se rend pas compte s'ils sont propres ou s'ils sont sales", explique-t-elle simplement. "Souvent, on garde les gants pendant un temps presque indéterminé, alors que les mains, dès qu'elles sont sales, on va aller se les laver. On va le faire beaucoup plus souvent que de se changer les gants !" C'est, précise-t-elle au passage à l'adresse des sceptiques, ce qui est aujourd'hui enseigné lors des formations hygiène obligatoires suivies par les professionnels du secteur. 

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Aussi étonnant que cela puisse paraître, le port de gants ne garantit donc pas nécessairement une meilleure hygiène. Le problème vient surtout du faux sentiment de sécurité qu'il instaure. Dans le rythme soutenu d'une journée en boutique avec des clients qui s'enchaînent, il est facile de relâcher sa vigilance et d'oublier de les changer, surtout quand ils semblent encore immaculés. Une pratique à prendre avec des gants, qui reste encore très largement répandue dans le métier... 

On pourrait donc croire que les gants sont un gage de propreté. En réalité, ils peuvent même donner un faux sentiment de sécurité. L'essentiel se joue ailleurs, dans des gestes simples mais répétés. Se laver les mains très régulièrement, rester attentif à chaque manipulation : c'est là que se fait la vraie différence.