Plus calme que Deauville, cette station balnéaire du nord est le refuge des amateurs de bonne cuisine

Le long de la Côte d'Opale, le Touquet offre un moment d'évasion loin du tumulte de la capitale et des températures trop élevées. Le temps d'un séjour de deux jours, j'ai exploré cette ville nichée entre dunes et forêt. Je vous emmène à la découverte de quelques adresses gourmandes, testées et approuvées.

Plus calme que Deauville, cette station balnéaire du nord est le refuge des amateurs de bonne cuisine
© Westminster Le Touquet

Bien que j'aie passé la plupart de mes étés dans le nord de la France quand j'étais enfant, je n'avais encore jamais mis les pieds au Touquet, dans le Pas-de-Calais. Je m'imaginais une station balnéaire du même acabit que Deauville : huppée, au risque d'être un peu trop sophistiquée. Je faisais fausse route : en réalité, le Touquet est un véritable havre de paix. Accessible en moins de 3 heures depuis Paris, cette ville née à la fin du XIXe siècle a un charme particulier. Une grande forêt de pins, des villas de la Belle Époque et une plage de 6 kilomètres de sable fin. Et par ces temps de fortes chaleurs, on trouve là-bas un véritable îlot de fraîcheur.

Le mythique hôtel Le Westminster, où j'ai été invitée le temps d'une nuitée, fait partie des lieux emblématiques de la ville côtière. On remarque de loin la gigantesque façade de briques de cet hôtel 5 étoiles du groupe Barrière, au style anglo-normand élégant, situé en face d'un morceau de forêt. L'histoire du lieu fait rêver. Marlene Dietrich, le prince de Galles, Édith Piaf ou encore Jeanne Moreau y ont séjourné, et Sean Connery y signa même son premier contrat pour incarner James Bond, dans Dr No. Mais cet hôtel n'est pas réservé aux célébrités. 

© Le Westminster

Des vacanciers anglais et français, mais aussi quelques habitués, prennent un verre au bar situé à droite du hall d'entrée. Lové dans un fauteuil Chesterfield capitonné, vous pourrez y siroter un large choix de cocktails. J'ai pour ma part opté pour le 007, un cocktail à base de rhum, de martini et d'angostura, créé en hommage à l'écrivain Ian Fleming. Hôte régulier du Westminster, la légende raconte que l'auteur britannique aurait imaginé les premières aventures de James Bond dans ce lieu hors du temps. D'ailleurs, la ville de Royale-les-Eaux dans Casino Royale aurait même été inspirée du Touquet... Décidément, on a envie de se replonger dans les aventures du plus célèbre des agents secrets. 

© Journal des Femmes / Le Westminster

Pour ma part, ma "mission culinaire" se poursuit avec un dîner au restaurant étoilé de l'hôtel. Au Pavillon, le menu Découverte en 9 services imaginé par le chef William Eliott et le pâtissier Méveric Boutry propose de vraies sensations fortes. Leur objectif ? Faire découvrir des ingrédients et des accords hors du commun aux clients. Trois assiettes m'ont particulièrement étonnée. Le Saint-Pierre, fenouil, céleri et mûres, ainsi que le tourteau d'Audresselles, cerises et amandes, pour leur association des produits de la mer avec les fruits rouges. Et puis, j'ai eu un vrai coup de cœur pour un dessert composé d'une pêche pochée, accompagnée d'un crémeux au miel, d'un sorbet et de quelques branches de salicorne. Le service, opéré par quelques apprentis de l'école hôtelière du Touquet, sous la houlette de serveurs plus aguerris, est à la fois efficace et précis, tout en restant décontracté.

© Journal des Femmes

Le lendemain, je ne m'aventure pas très loin, puisque je déjeune encore une fois dans l'hôtel : cette fois-ci dans leur brasserie, la Table du West. On y déguste des spécialités locales comme le Welsh, mais aussi des classiques des brasseries françaises. Pour coller à l'ambiance bord de mer, j'opte pour une sole meunière, accompagnée d'une mousseline de Ratte du Touquet. Sa recette aurait sûrement été, en son temps, approuvée par Joël Robuchon, la référence incontestée en matière de purée.

Avant de repartir, place aux emplettes : j'aimerais ramener avec moi quelques spécialités. Et justement, les confitures de l'hôtel, parfum cerise estragon ou marmelade orange, vanille, citron, m'ont intriguée. J'apprends qu'elles sont fabriquées à dix minutes de là, par la marque Tea Together. Décidément, au Touquet tout se fait à pied. Je pars donc à la découverte de la fabrique, où je rencontre Eli et son équipe, qui mitonnent dans leurs ateliers les confitures des plus grands palaces et hôtels étoilés. Produites de manière artisanale avec des fruits issus de l'agriculture biologique, on les retrouve aussi bien au petit-déjeuner du Ritz qu'en magasins bio et épiceries spécialisées. 

C'est la valise chargée de bons souvenirs que je reprends la route vers la capitale. J'y glisse un bocal de soupe de poisson de la maison Pérard, quelques pots de confiture de chez Tea Together et des paquets de sablés de la Manufacture du Touquet. L'esprit aéré, me voilà prête à affronter Paris sous 34 degrés.