Ce détail à l'entrée d'un restaurant italien ne trompe pas : c'est un piège à touristes

Certains restaurants italiens savent vendre du rêve... avant de servir l'assiette. Pour les repérer, plusieurs chefs et spécialistes de la gastronomie conseillent d'ouvrir l'œil avant même de s'installer.

Ce détail à l'entrée d'un restaurant italien ne trompe pas : c'est un piège à touristes
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Vous êtes à Rome, Florence ou Naples, il est midi, l'estomac commence à réclamer sa dose de pasta et, forcément, tous les restaurants ont l'air plus tentants les uns que les autres. Entre les terrasses bondées et les odeurs, difficile de savoir où l'on va vraiment bien manger. Pourtant, certains établissements misent beaucoup plus sur la mise en scène que sur la cuisine. Et quand on ne connaît pas les habitudes locales, il est très facile de se laisser avoir.

Les pièges à touristes ne ressemblent plus forcément à ce qu'on imagine. Bien sûr, les cartes traduites en huit langues ou les serveurs qui vous invitent à entrer tous les dix mètres existent encore. Mais aujourd'hui, plusieurs chefs italiens pointent du doigt une nouvelle tendance qui se répand dans les villes les plus visitées. Le but ? Donner immédiatement l'impression d'être dans un restaurant ultra traditionnel. Sauf que, selon eux, ce décor est là pour séduire les visiteurs bien plus que les Italiens.

C'est notamment l'avis de Michele Pascarella, chef napolitain et propriétaire du restaurant Napoli on the Road. Interrogé par Metro, il explique qu'il ferait demi-tour sans hésiter devant un établissement qui utilise ce procédé. Pour lui, cette pratique n'a rien d'une tradition italienne. Au contraire, elle relève davantage du marketing que de la gastronomie. "Je n'ai jamais vu de vrais restaurants en Italie recourir à cette pratique. Et si un établissement le fait, c'est généralement plus un piège à touristes kitsch qu'un restaurant authentique", explique-t-il. 

Le détail qui doit mettre la puce à l'oreille est en fait cette grande vitrine ouverte sur la rue où l'on voit des employés fabriquer des pâtes fraîches devant les passants. Ils étalent la pâte, la découpent et la façonnent sous les yeux des touristes, souvent sous de gros éclairages pour que tout soit bien visible. Ces "vitrines à pâtes" se sont multipliées ces dernières années, notamment grâce aux réseaux sociaux et à l'image très populaire de la nonna italienne qui prépare les pâtes à la main. C'est joli à regarder, ça attire les smartphones... mais, pour plusieurs chefs italiens, cela ne prouve absolument pas que l'on va manger dans une adresse authentique.

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D'autres spécialistes tiennent exactement le même discours. Sophie Minchilli, cofondatrice de Via Rosa Italy, qui organise des visites gastronomiques à Rome, rappelle au Washington Post qu'il ne faut pas confondre pâtes fraîches et cuisine romaine traditionnelle. Beaucoup de recettes emblématiques de la capitale, comme la carbonara, les bucatini all'amatriciana ou les spaghetti alle vongole, sont normalement préparées avec des pâtes sèches. Les pâtes fraîches ne sont donc pas le passage obligé que beaucoup imaginent. 

Qui plus est, si cette vitrine s'ajoute à un menu rempli de photos, à des plats servis dans de petites casseroles en cuivre juste pour faire le spectacle, à des serveurs déguisés façon carte postale et à une adresse collée à un monument très touristique, mieux vaut passer son chemin.

Le meilleur réflexe : marcher cinq ou dix minutes de plus, s'éloigner des lieux les plus fréquentés et repérer les restaurants où les Italiens eux-mêmes viennent déjeuner.