Tout savoir pour devenir locavore

Comment manger de façon responsable ? Manger local, ça veut dire quoi ? Vous vous posez des questions sur la consommation de proximité ? On vous apporte toutes les réponses.

Tout savoir pour devenir locavore
© silverkblack - 123RF

Bien plus qu'une tendance, manger local est un véritable mode de vie, un engagement. Mais avec les supermarchés qui pullulent, la vie citadine qui nous éloigne des producteurs et la peur de payer un prix trop élevé, les excuses sont nombreuses pour ne pas sauter le pas du locavorisme. Le Journal des Femmes Cuisine vous donne un coup de pouce en répondant à vos questions et en partageant de précieux conseils. 

C'est quoi manger local ?

Si vous souhaitez devenir locavore, la première difficulté qui se dresse devant vous est la question de la définition. "Local", ça veut dire quoi ? Doit-on consommer dans sa ville, son département, sa région, son pays ? Combien de kilomètres sont acceptables pour un locavore ? Si manger local, c'est manger français, qu'en est-il de la banane de Martinique ? Est-ce manger local de consommer une banane qui a pris l'avion ?
On vous l'a dit, ça pose beaucoup de questions… Alors voici un début de réponse. Le principal, c'est de faire preuve de bon sens. Si vous avez des producteurs de lait dans votre département, privilégiez leurs produits plutôt qu'un lait qui viendrait d'Allemagne ou d'Espagne vendu au supermarché.
Concrètement, le locavorisme prône une consommation dans un rayon de 100 à 250 kilomètres. Il ne s'agit donc pas tant de région ou département que de zone de production. Si l'on suivait ce principe strict, seuls les Bretons profiteraient des huîtres et les Mentonnais des citrons. Quant à la banane et autres fruits exotiques, il faudrait faire une croix dessus. C'est un choix à mesurer et à mettre en perspective avec ses pratiques et convictions personnelles.

 

Comment manger local ?

Vous avez le sentiment que vous devez changer intégralement votre façon de consommer pour être locavore ? Détrompez-vous. Sans le savoir, vous avez peut-être déjà adopté les bons réflexes

  • Se renseigner. Et oui, manger local demande un petit peu d'efforts quand même. Cherchez à dénicher les bonnes adresses, les associations, les producteurs qui vous entourent. Vous serez certainement surpris de ce qui est proposé près de chez de vous.
  • Acheter en vente directe auprès des producteurs. Que ce soit en ligne où à la ferme, les producteurs proposent souvent une partie de leurs produits en vente directe.
  • Faire le marché. Parfois, il n'en faut pas plus. Préférez le marché de votre ville ou village au supermarché d'à côté. Vous y rencontrerez certainement des producteurs locaux.
  • Adhérer à une AMAP. Les Associations pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne, proposent un abonnement à des paniers garnis de produits de proximité et de saison. Une belle manière (très confortable) de soutenir les producteurs locaux.
  • Adhérer à un jardin partagé. Même en ville, si vous n'avez pas de jardin, il est possible d'avoir un petit bout de potager. On ne peut pas faire plus local ! Renseignez-vous auprès de votre commune.
  • Pratiquer l'autocueillette. Les fermes fruitières et maraîchères proposent parfois de venir récolter vos fruits et légumes vous-même. En plus d'être bon pour la planète, c'est également souvent moins cher qu'à la vente traditionnelle. De plus, c'est une activité très sympa à faire en famille ou entre amis.
  • Opter pour les rayons à la coupe en supermarché. Même en faisant vos courses dans une grande surface, vous avez la possibilité de manger local. Les rayons à la coupe de fromage ou de viande proposent parfois des produits de proximité.

Le site locavor.fr soumet un annuaire des commerçants locavores par ville. Un outil très pratique lorsque l'on veut se lancer.
Petite précision tout de même, n'oubliez pas le bon sens. Il ne s'agit pas de manger local à tout prix. Si c'est local mais pas de saison ou sous culture intensive, vous rentreriez dans une consommation et un engagement contreproductifs.

Pourquoi manger local ?

Pour des raisons idéologiques, de santé ou pour son porte-monnaie, devenir locavore peut avoir une influence positive sur de nombreux domaines de la vie. Certains effets nous impactent directement et d'autres nous dépassent parfois.

  • Manger local, c'est contribuer à l'équilibre socio-économique de sa région grâce à la rémunération juste des agriculteurs. En achetant directement auprès du producteur vous supprimez un intermédiaire (souvent une entreprise de grande distribution) qui prend sa part. C'est aussi un moyen de maintenir les populations sur leur territoire.
  • Être locavore, c'est aussi bon pour la santé. Les produits vendus et consommés en circuits courts sont récoltés à maturité. Avec moins de temps de transport et de stockage, il y a moins de conservateurs nécessaires. Les produits consommés en circuits courts préservent donc mieux leurs nutriments et bienfaits sur le corps.
  • Enfin les profits dépassent notre petite personne et celle de nos congénères. Le locavorisme aide à préserver la planète. Le calcul est simple : lorsque nos denrées alimentaires voyagent moins, c'est moins de pollution émise par les transports et le stockage dans des réfrigérateurs ou des locaux réfrigérés. Passer directement par le producteur, c'est aussi consommer des produits moins transformés. Et enfin, manger local aide à réduire le gaspillage (notamment pour les produits qui n'auraient pas supporté le transport), et limiter les cultures intensives et monocultures qui ont un impact dévastateur sur les écosystèmes.

Peut-on manger local au restaurant ?

On peut parfois avoir le sentiment que manger local signifie forcément cuisiner soi-même. Là encore, c'est une idée reçue. Les restaurants préparent bien souvent des produits de choix qui viennent directement des producteurs des alentours. Certains grands établissements ont même le privilège d'avoir leur propre potager. N'hésitez pas à poser la question ou référez-vous aux labels parfois affichés. En Île-de-France, par exemple certaines tables affichent "Produits d'ici, cuisinés ici".

Vous avez maintenant tous les éléments de compréhension et de mise en action pour devenir locavore. Pas de panique, rien ne vous oblige à tout changer d'un coup. Modifier un peu votre consommation est déjà un grand pas. Veillez toujours à garder une alimentation variée et équilibrée, quitte à sortir un peu de la zone des 100 ou 250 kilomètres.